«On va suspendre votre manteau, là, pour être sûr qu’il ne soit pas contaminé». Quand on arrive chez Eléonore, à Clamart dans les Hauts-de-Seine, le ton est donné : voilà presque cinq mois que cette traductrice de 33 ans et son mari se battent contre les punaises de lit qui ont envahi leur appartement. Ces petits insectes ont la particularité de piquer les dormeurs la nuit en leur pompant du sang. «J’ai la chance de ne pas avoir de boutons mais je peux vous dire que les punaises me bouffent le cerveau».
En tout, quatre pièces sont infestées : «La salle à manger, le dressing, notre chambre et celle de notre fille», détaille-t-elle. «Mais ce n’est pas un problème d’hygiène», insiste la jeune femme. «Mon mari et moi avons sûremen
t ramené ces petites bêtes dans nos valises après un voyage à l’étranger».
Dans le hall d’entrée, une dizaine de gros sacs poubelles s’empilent contre les murs. «Ça, ce sont nos vêtements propres que nous utilisons». Sur chacune des poches bien fermées, une étiquette a été collée : «vêtements boulot», «doudous», «manteaux d’hiver». «Après un lavage à 60°C à la machine, on les enferme pour éviter qu’ils soient infestés», précise-t-elle.
Le cauchemar a commencé début septembre, lorsqu’Eléonore a découvert un matin, «paniquée», plusieurs insectes sombres à côté de son oreiller